Le 21 juillet 2026, l'Insee a publié ses chiffres 2025 sur l'IA dans les entreprises. Une finalité y progresse plus vite que les six autres : les entreprises qui déclarent l'IA pour organiser leurs processus d'administration emploient 38 % des salariés du champ, contre 17 % un an plus tôt. Les « agents IA » n'y figurent pas, pas plus que dans l'intitulé d'une seule certification de France compétences.
Aucune statistique officielle ne compte les agents IA sous ce nom. Un agent prend des tâches, pas un poste : regardez la fonction. Côté formation, 60 des 6 560 certifications actives de France compétences citent l'IA dans leur intitulé : 31 au RNCP, toutes de niveau 6 ou 7, et 29 au Répertoire spécifique. Aucune ne nomme la comptabilité-gestion, la logistique ou la sécurité informatique.
Un agent prend des tâches, pas un poste
Ma définition de travail : un chatbot répond à une question ; un agent reçoit un objectif et enchaîne seul plusieurs étapes (chercher, lire, rédiger, saisir, relancer), en s'arrêtant là où quelqu'un doit valider.

Ce qui change, c'est l'unité de lecture : la tâche. Dans « Skills in the AI age » (juillet 2026), l'OCDE rappelle que l'exposition à l'IA n'est pas le risque d'automatisation : les professions les plus exposées (informatique, affaires, direction, ingénierie) sont moins souvent automatisées, car elles reposent sur des compétences non routinières et sociales. Environ un travailleur de l'OCDE sur quatre était exposé à l'IA générative en 2022-2024, au sens d'au moins 20 % de ses tâches assistables. Vingt pour cent, pas cent. Un poste, c'est ses tâches plus une signature et des interlocuteurs : lesquelles, dans le vôtre ?
Ce que l'Insee compte, fonction par fonction
L'enquête TIC-entreprises 2025 (environ 11 000 entreprises de 10 salariés ou plus, hors agriculture, finance et assurance) distingue huit technologies d'IA, dont aucune ne s'appelle « agent » ; la plus proche, « automatisation ou assistance dans la prise de décision », est déclarée par des entreprises qui emploient 35 % des salariés du champ, contre 24 % en 2024. Elle n'inclut en principe pas les usages individuels, comme celui d'un salarié qui consulte un chatbot de son propre chef. Elle mesure aussi la finalité de l'IA, croisée ici avec le répertoire :
| Fonction (Insee) | Salariés des entreprises concernées, 2025 (2024) | Certifications actives (IA et fonction dans l'intitulé) |
|---|---|---|
| Sécurité informatique | 39 % (23 %) | Aucune |
| Organisation des processus d'administration | 38 % (17 %) | RS7287, RS7750 |
| R&D ou innovation | 35 % (18 %) | RS7102 |
| Processus de production ou de services | 32 % (18 %) | RS7766, RS7424 |
| Marketing ou ventes | 31 % (19 %) | Cinq RS, dont RS7523 et RS7283 |
| Comptabilité, contrôle de gestion, gestion financière | 30 % (14 %) | Aucune |
| Logistique | 18 % (9 %) | Aucune |
Lecture : les entreprises qui déclarent l'IA pour l'administration emploient 38 % des salariés du champ. Sources : Insee, Insee Première n° 2120, 21 juillet 2026 ; France compétences, export du 1er novembre 2026.
Parmi les entreprises utilisatrices, 73 % visent l'optimisation des coûts (gain de temps ou de main-d'œuvre, tâches répétitives) et 53 % se disent freinées par un manque d'expertise : c'est là que la formation entre.
Ce que cela change selon votre situation
Je passe ici de la fonction au métier : c'est ma lecture, pas celle de l'Insee.
Métier de bureau (administration, comptabilité, marketing, ventes). Secrétaires, assistants, gestionnaires de paie, comptables : saisir, rapprocher, relancer, classer, rédiger un premier jet sont les tâches qui s'enchaînent d'abord. Restent la décision, l'exception, la relation.
Métier technique ou de terrain (sécurité informatique, production, logistique). L'outil entre sans changer le métier de technicien systèmes et réseaux ou de proximité. Un taux d'entreprises n'est pas un taux d'emplois : dans les transports et l'entreposage, 9 % des entreprises déclarent l'IA, mais 66 % de l'emploi travaille dans l'une d'elles.
Reconversion. Ne choisissez pas un métier parce qu'un agent y entre, ni pour l'éviter : demandez quelles tâches sont déjà confiées à l'outil, lesquelles supposent une signature, et ce que déclarent les employeurs de votre bassin (méthode en une semaine, IA et reconversion, métiers d'avenir).
Quelle formation : ce que contient le répertoire
J'ai lu l'export de France compétences publié le 1er novembre 2026 sur data.gouv.fr : 6 560 fiches actives, 5 060 du RNCP et 1 500 du Répertoire spécifique (RS). Dans leur intitulé, 60 citent l'IA, moins de 1 %.
- 31 du RNCP, toutes de niveau 6 ou 7 (12 et 19), celui de la licence et du master : ingénieur, développeur, chef de projet, comme « Développeur en intelligence artificielle » (RNCP37827).
- 29 du RS, des certifications de compétences ciblées, sans niveau : usage responsable de l'IA générative (RS7232), administration, marketing, ressources humaines, gestion de projet. 25 portent une décision d'enregistrement de 2025 ou 2026.
- Aucune aux niveaux 3 à 5 (CAP, bacs pros, la plupart des titres professionnels), ni dans leur intitulé ni dans celui d'un de leurs blocs : sur les 116 fiches dont un bloc cite l'IA, 30 sont de niveau 6 et 86 de niveau 7. Selon le dossier de presse du plan Impulsion IA 2027 (ministère du Travail, septembre 2026), 38 titres professionnels ont été révisés entre 2024 et 2026 pour intégrer des compétences liées à l'IA ; l'export ne les détaille pas, et je présente le plan ici.
Quant au mot « agent » : aucune des 30 711 fiches, actives ou non, ne l'associe à l'IA. La plus proche est RS7766, « Automatiser les processus métiers avec les outils no-code et IA », détaillée en octobre. En pratique, une formation « agents IA » prépare donc à un RS d'usage ou d'automatisation, à un titre de développeur, ou à aucune certification : ni la même reconnaissance, ni le même financement.
Pour un RS, le CPF finance au plus 1 500 € de vos droits annuels depuis le 26 février 2026 (service-public.gouv.fr) ; le RNCP n'est pas concerné. Le projet de loi de finances 2027 (article 89, non voté) prévoirait une majoration de la participation forfaitaire : le point à jour.
Trois vérifications avant de payer

1. Le code. Une fiche porte un code (RS ou RNCP), l'état « Active » et une date d'échéance, lisibles sur le moteur de France compétences. Pas de code, pas de certification. Voyez aussi qui prépare : pour RS7750, le certificateur n'habilite aucun organisme ; cherchez les sessions sur Mon Compte Formation.
2. Ce qui est évalué. Lisez « compétences attestées » et « modalités d'évaluation » : RS7232 demande d'analyser si l'IA générative convient à une tâche, de formuler des requêtes et de contrôler la fiabilité du résultat.
3. La fonction. Une certification qui promet « l'efficacité professionnelle » ne dit rien de votre fonction. L'Apec relève qu'en mars 2026, 26 % des cadres avaient suivi une formation à l'IA en général, 19 % à son usage dans leur métier.
IA et emploi, pour aller plus loin : ce que l'IA change pour une reconversion · les métiers d'avenir avec l'IA · les métiers les plus exposés · se former à l'IA · utiliser l'IA pour trouver un métier · les métiers de l'IA sans diplôme d'ingénieur.
Ce que je propose
Je proposerais deux choses : que toute formation vendue sous le mot « agents IA » affiche en tête de page le code de sa fiche et sa date d'échéance, et que les certificateurs nomment la fonction visée (administration, comptabilité, logistique, sécurité) plutôt que « l'efficacité professionnelle » : la première évite de payer un intitulé qui n'existe pas, la seconde suit l'échelle où les entreprises déploient l'IA.
Si vous voulez changer de métier plutôt qu'enrichir le vôtre, la question vient avant l'outil : quel métier, dans quel bassin, financé comment. La méthode de reconversion, le financement et se former à l'IA posent le cadre ; le bilan gratuit fait le point en sept questions, sans inscription pour commencer.
Un agent exécute. À vous de savoir quoi lui confier, et ce qu'il ne doit jamais décider seul.
Méthode : décompte sur l'intitulé des fiches actives de l'export du 1er novembre 2026, avec « intelligence artificielle », « IA », « générative », « machine learning », « LLM », « prompt », « chatbot ». Fiches citées relues le 2026-11-01, « Active ». Sources, consultées le 2026-11-01 : Insee Première n° 2120, 21 juillet 2026 ; OCDE, « Skills in the AI age », n° 60, juillet 2026 ; Apec, « Les cadres et l'IA », mai 2026 (PDF Banque des Territoires) ; France compétences, export des fiches RNCP et RS ; service-public.gouv.fr, CPF d'un salarié du secteur privé, vérifié le 27 juin 2026.