Retards de paie, commandes en berne, rumeurs de dépôt de bilan : quand l'entreprise vacille, on attend souvent d'en savoir plus avant de bouger. C'est humain, et cela coûte cher. Vos droits changent avant, pendant et après une procédure, et certaines portes de formation ne s'ouvrent qu'à un moment précis.
Ce que disent les chiffres de l'Insee, et ce qu'ils taisent
D'août 2025 à juillet 2026, l'Insee compte 280 défaillances d'entreprises en Deux-Sèvres, soit 17,5 % de plus que sur les douze mois précédents, et 370 en Charente (+12,4 %). À titre de comparaison : 400 dans la Vienne (+7,9 %), 6 780 en Nouvelle-Aquitaine (+6,1 %), 70 600 en France (+4,6 %). Source : Insee, tableau de bord de la conjoncture Nouvelle-Aquitaine, figure 22, données Banque de France au 18 septembre 2026.
Deux précautions. Une défaillance n'est pas une fermeture : pour l'Insee, elle commence à l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, et toutes ne finissent pas en liquidation. Et sur quelques centaines d'entreprises, un pourcentage grimpe vite. Pour la région, l'Insee note même un recul en juillet. Ces chiffres signalent une tension. Ils ne disent rien de votre entreprise : ce qui compte, c'est l'étape où elle en est.
Avant la procédure : se former tant que le contrat court
Tant que vous êtes salarié, les outils des salariés vous restent ouverts. Le plus solide est le projet de transition professionnelle (PTP) : une formation certifiante pour changer de métier, pendant laquelle vous êtes rémunéré (service-public.gouv.fr). Il faut obtenir de l'employeur une autorisation d'absence ; il peut, sous conditions, retarder le départ jusqu'à neuf mois. Le contrat n'est pas rompu : à l'issue de la formation, vous pouvez réintégrer votre poste ou un poste équivalent (service-public.gouv.fr).
Or c'est précisément ce retour au poste qui fait la sécurité du PTP. Quand l'avenir de l'employeur est incertain, demandez-vous ce que vaut cette promesse, et dans quel délai vous pourriez vraiment partir. Le PTP se prépare tôt, pas la veille d'un dépôt de bilan. Le CPF et les autres montages accessibles en cours de contrat sont détaillés dans l'article sur le financement d'une formation sans démissionner.
Démissionner : la porte à examiner en dernier
Quand la paie arrive en retard, l'envie de partir se comprend. Mais une démission n'ouvre pas, en principe, de droit au chômage (France Travail). Elle vous fait aussi renoncer à l'indemnité de licenciement et au contrat de sécurisation professionnelle, réservé aux licenciements économiques.
Des exceptions existent. Certaines démissions sont jugées légitimes ; c'est le cas, par exemple, lorsque l'employeur ne verse pas le salaire alors qu'une décision de justice l'y contraint (France Travail). Sinon, après 121 jours de chômage non indemnisé, vous pouvez demander un réexamen ; si la demande est acceptée, l'allocation démarre au plus tôt au 122ᵉ jour (service-public.gouv.fr). Enfin, la démission-reconversion exige 1 300 jours travaillés dans les 60 derniers mois, un CDI de droit privé au moment de la démission, et un projet reconnu comme réel et sérieux, validé par une association Transitions Pro (service-public.gouv.fr). L'erreur qui fait tout perdre est détaillée dans le guide de la démission-reconversion.
Dans une entreprise en difficulté, je le dis sans détour : partir de soi-même est presque toujours l'option la plus chère.
Pendant la procédure : des salaires garantis, dans des limites
Si le tribunal ouvre un redressement ou une liquidation judiciaire, vous êtes assuré contre le non-paiement des salaires dus : c'est le rôle de l'AGS, le régime de garantie des salaires. En redressement, elle couvre les sommes dues à la date du jugement d'ouverture, dont les salaires des 60 derniers jours de travail. En liquidation, les indemnités de rupture sont garanties si la rupture intervient dans les 15 jours suivant le jugement, ou dans les 21 jours quand un plan de sauvegarde de l'emploi est élaboré (service-public.gouv.fr). Attendez-vous à un calendrier serré.
Gardez dès maintenant vos bulletins de paie, votre contrat et tout écrit sur les sommes qui vous sont dues : ce sont ces pièces qui permettent de vérifier ce qui vous revient.
Après le licenciement : le CSP ouvre la formation
En redressement ou en liquidation, quel que soit l'effectif, l'employeur doit proposer le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) à chaque salarié dont il envisage le licenciement économique, sans condition d'ancienneté. Vous avez 21 jours de réflexion pour décider (France Travail).
Avec au moins un an d'ancienneté, vous percevez l'allocation de sécurisation professionnelle, versée 12 mois à compter de la prise d'effet du CSP. Elle est au moins équivalente à l'allocation chômage que vous auriez touchée sans CSP (service-public.gouv.fr). Surtout, le CSP s'accompagne d'un suivi renforcé et personnalisé avec un conseiller dédié, qui comprend des formations et des immersions en entreprise (France Travail).
Accepter le CSP ne vous prive pas du droit de contester le licenciement, dans les 12 mois suivant votre acceptation (service-public.gouv.fr). Et le dispositif est prolongé jusqu'au 31 décembre 2026 (entreprendre.service-public.gouv.fr) : si votre procédure déborde sur 2027, vérifiez qu'il a été reconduit.
Reste l'essentiel : un financement ne fait pas un projet. Regardez les débouchés réels avant de choisir une formation ; c'est l'un des leviers défendus dans Chômage 2026 : 7 leviers d'orientation utile. La page se reconvertir après un licenciement prolonge cette réflexion.
Par où commencer, en Deux-Sèvres comme en Charente
Ces dispositifs sont nationaux : ils jouent de la même façon à Niort et à Angoulême. L'ordre utile ne change pas non plus. Savoir où en est la procédure. Ne pas démissionner sous le coup de l'inquiétude. Prendre tout le délai de réflexion accordé. Puis regarder la formation comme une vraie option, pas comme un lot de consolation.
Les financements selon votre situation sont rassemblés sur la page financer sa reconversion. Autour de Niort, voyez aussi la page reconversion professionnelle à Niort. Et si le métier visé reste flou, la page reconversion et le bilan gratuit vous aident à faire le point avant de choisir.
Toutes les pages officielles citées dans cet article ont été consultées le 14/10/2026.