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Gironde : 94 % d'entreprises en difficulté

94 % des entreprises girondines en difficulté au 2e trimestre 2026, selon la CCI. Ce que ce chiffre change pour votre emploi — et pourquoi anticiper maintenant.

Gironde : 94 % d'entreprises en difficulté

Bordeaux, juillet 2026. Les terrasses sont pleines. Les vitrines aussi, souvent. Mais dans les livres de comptes, une autre histoire s'écrit : celle de marges qui fondent, de trésoreries qui se tendent, de dirigeants qui refont leurs calculs chaque fin de mois avec un sourire de plus en plus forcé.

Ce n'est pas une impression. C'est un chiffre. Et il est brutal.

94 % des entreprises girondines ont rencontré des difficultés au 2ème trimestre 2026 — contre 91 % au trimestre précédent. C'est ce que révèle le Baromètre de l'économie girondine, publié par la CCI Bordeaux Gironde le 17 juillet, à partir d'une enquête menée début juillet auprès de 600 dirigeants.

Ce n'est pas un accident de parcours. C'est une trajectoire.

Ce chiffre ne concerne pas que les entreprises. Il concerne directement les salariés, les candidats à l'embauche, et toute personne convaincue que son emploi actuel est une certitude.

Voici ce que ces chiffres disent vraiment — et ce qu'ils changent pour votre trajectoire.

Les signaux du 2ème trimestre en Gironde

Tous les grands indicateurs restent orientés à la baisse : chiffre d'affaires, trésorerie, marges, carnets de commandes. Seules 16 % des entreprises déclarent avoir investi sur la période — un taux resté identique au trimestre précédent.

Un chiffre mérite d'être isolé : l'indice des carnets de commandes tombe à un niveau que la CCI elle-même qualifie d'inférieur à celui observé lors des précédentes périodes de crise. Pas une baisse de plus. Un plancher inédit.

Deux secteurs concentrent l'essentiel des difficultés :

  • Cafés, hôtels, restaurants — trésorerie à -57, chiffre d'affaires à -50. Seuls 42 % des dirigeants du secteur ont encore confiance dans la pérennité de leur entreprise.
  • Bâtiment et travaux publics — marges à -42, carnets de commandes en recul.

Fait notable : la première difficulté citée par les dirigeants n'est ni l'inflation (30 %), ni le coût des carburants (16 %). C'est la baisse de la demande, citée par 40 % d'entre eux. Ce n'est pas seulement une question de charges. C'est le marché lui-même qui se contracte. Et quand la demande se contracte, la nuance entre métier qui recrute et métier réellement porteur cesse d'être théorique.

La trajectoire se lit aussi dans la confiance. Seuls 12 % des dirigeants girondins se disent encore confiants dans l'évolution de l'économie nationale, contre 15 % au trimestre précédent. Et dans l'industrie — un secteur qu'on pensait à l'abri — la confiance dans la survie de sa propre entreprise a chuté de 10 points en un seul trimestre : de 64 % à 54 %.

Sur ce seul trimestre, 703 procédures judiciaires ont été ouvertes en Gironde. Et le dynamisme entrepreneurial ralentit : 6 871 établissements créés, contre 8 844 un an plus tôt.

À Bordeaux, la confiance s'effondre

Cette trajectoire se vérifie aussi à l'échelle de l'arrondissement. Le baromètre complet détaille les résultats territoire par territoire, et sur celui de Bordeaux — 70 % des créations d'entreprises girondines — la dégradation est la plus nette de tout le département.

La confiance des dirigeants bordelais dans la pérennité de leur propre entreprise est passée de 66 % à 52 % en un seul trimestre : 14 points perdus. Leur confiance dans l'économie nationale a, elle, été divisée par deux — de 21 % à 11 %.

Ce n'est plus un climat national qui se dégrade quelque part loin de chez vous. C'est l'endroit précis où vous travaillez.

Une Nouvelle-Aquitaine en première ligne

Ce n'est pas un accident local. Selon l'étude Altares sur les défaillances d'entreprises [consultée le 2026-07-21], la Nouvelle-Aquitaine enregistre la deuxième plus forte hausse régionale de France métropolitaine au premier trimestre 2026 : +17,8 %, soit 1 971 procédures collectives ouvertes. Seule la Bourgogne-Franche-Comté fait pire (+19,6 %).

Ce que la Gironde traverse aujourd'hui n'est donc pas une anomalie. C'est un signal régional, et l'un des plus sévères du pays. Un signal qui n'est pas uniforme pour autant : même dans ce contexte, certains métiers continuent de recruter en Nouvelle-Aquitaine.

Le climat de l'emploi au plus bas depuis la crise sanitaire

Au niveau national, l'INSEE confirme la tendance : en mai 2026, l'indicateur du climat de l'emploi est tombé à 92, son plus bas niveau depuis la crise sanitaire. Le climat des affaires, lui, reste englué autour de 94, loin de sa moyenne de long terme fixée à 100.

Sur douze mois glissants, la France a enregistré 71 100 défaillances d'entreprises, selon la même étude Altares — un niveau jamais atteint depuis la crise de 2009. Et sur le seul premier trimestre 2026, les 18 986 procédures ouvertes menacent directement 75 350 emplois.

Ce sont des chiffres nationaux. Rien n'indique que la Gironde y échappe. Côté embauches, d'ailleurs, le problème du recrutement girondin vient lui aussi de changer de nature.

Ce basculement n'attend pas votre décision

En quinze ans d'accompagnement de salariés et de dirigeants en Nouvelle-Aquitaine, j'ai vu ce mécanisme se répéter, sous des formes différentes mais avec la même logique : une entreprise vacille, et c'est la personne qui en paie le prix en premier — souvent sans l'avoir vu venir.

Dans La Culture du nouveau capitalisme, le sociologue Richard Sennett explique comment l'instabilité économique permanente finit par éroder la capacité à se construire une trajectoire stable dans la durée. C'est exactement le climat que produisent des chiffres comme ceux de ce trimestre : l'incertitude devient la norme, et beaucoup de salariés attendent, en espérant que « ça passe ».

Le problème, c'est qu'attendre n'est pas une stratégie. C'est un pari sur la chance. D'autant que les filets de sécurité se resserrent au même moment : la Nouvelle-Aquitaine vient de supprimer 8 000 places de formation pour les demandeurs d'emploi. Plus on attend, moins il reste d'options financées.

Vous ne pouvez pas contrôler le chiffre d'affaires de votre entreprise. Vous pouvez, en revanche, contrôler une chose : la clarté sur vos compétences réelles, sur votre valeur sur le marché, et sur les options qui existent déjà pour vous — avant qu'une décision extérieure ne vous les impose.

Anticiper, ce n'est pas céder à la peur. C'est un acte de courage et de dignité : reprendre la main sur sa trajectoire avant que les événements ne la reprennent à votre place. C'est toute la différence entre une reconversion choisie et une reconversion subie après un licenciement.

Le vrai chiffre à retenir

94 % des entreprises en difficulté, ce n'est pas une fatalité pour vous. C'est un signal.

Et un signal, cela se traite avant de devenir une urgence.

Faire mon bilan gratuit · 3 min — trois minutes suffisent pour clarifier où vous en êtes réellement, et ce que votre trajectoire vous permet déjà d'envisager.

Soyez libre de vos pensées et de vos décisions, toujours.