Dispositifs & financement

ARCE — Aide à la Reprise ou Création d'Entreprise

ARCE · aide reprise création entreprise

Définition —

L'ARCE permet à un demandeur d'emploi qui crée ou reprend une entreprise de toucher 60 % du reliquat de ses droits ARE sous forme de capital, en 2 versements. C'est une alternative au maintien mensuel de l'ARE pour les créateurs.

· Par Benjamin Duplaa, directeur IFPA Poitiers

Partager
Carte du lexique : ARCE — Aide à la Reprise ou Création d'Entreprise — Dispositifs & financement, définition sourcée de la formation professionnelle.
ARCE — Aide à la Reprise ou Création d'Entreprise · Dispositifs & financement · Lexique formation professionnelle

Quand on quitte un emploi pour créer ou reprendre une entreprise tout en étant indemnisé par France Travail, une question se pose vite : garder le versement mensuel de l'allocation de retour à l'emploi (ARE), ou en transformer une partie en capital. C'est exactement ce que fait l'ARCE, l'Aide à la Reprise ou Création d'Entreprise. Le choix n'est pas neutre : une fois l'ARCE actée, il n'y a pas de retour possible vers le versement mensuel.

ARCE ou ARE maintenue : ce qui change concrètement

CritèreARCE (capital)ARE maintenue (mensuel)
Forme du versementCapital versé en 2 fois : 50 % à la création, 50 % six mois plus tardVersement mensuel, comme une allocation chômage classique
Montant sur la durée60 % du reliquat des droits ARE (taux en vigueur depuis le 1er juillet 2023)100 % du reliquat, étalé mois après mois
Ce que ça sécuriseUne trésorerie de départ : matériel, communication, formation, besoin en fonds de roulementUn revenu régulier pendant que l'activité démarre
RéversibilitéChoix engageant : une fois posé, pas de retour possibleN'impose pas ce renoncement

Comment se déroule le versement

Le premier versement intervient à la création ou à la reprise de l'entreprise, sur présentation de justificatifs. Le second arrive six mois plus tard, à condition que l'activité soit toujours active : c'est une vérification, pas une formalité automatique.

Le taux lui-même a bougé. Depuis le 1er juillet 2023, l'ARCE représente 60 % du reliquat des droits ARE restants, contre 45 % auparavant. Une fiche ou un simulateur qui affiche encore 45 % décrit l'ancien régime, pas celui qui s'applique aujourd'hui.

Le calcul qui compte n'est pas celui qu'on croit

Le premier réflexe est de comparer, en tête, le montant total de l'ARCE au cumul des mensualités de l'ARE. C'est le mauvais calcul. L'ARCE donne une trésorerie immédiate pour financer un démarrage : matériel, communication, formation, besoin en fonds de roulement. L'ARE maintenue donne un revenu régulier pendant que l'activité se met en place. Ce sont deux réponses à deux problèmes différents, pas deux montants à comparer.

Le bon critère, c'est votre plan de charge des dix-huit premiers mois : à quel moment l'activité doit générer un revenu qui vous fait vivre, et de quoi vous avez besoin avant cette date pour y arriver. L'ARCE peut se cumuler avec l'ACRE, l'exonération de cotisations sociales de la première année, pour les créateurs qui y sont éligibles, souvent la bonne combinaison pour une reconversion vers l'entrepreneuriat.

Deux situations concrètes

Un homme de 42 ans qui reprend un atelier

Il reprend une activité artisanale existante, avec du matériel à renouveler dès les premiers mois. Le cédant lui transmet le fonds, mais pas des outils en état de marche. Pour lui, le capital de l'ARCE sert directement à cet achat : sans lui, l'activité démarrerait avec un outil de travail dégradé. Il accepte l'inconvénient, plus de versement mensuel de l'ARE, parce que le besoin de trésorerie est concentré au départ, pas étalé dans le temps.

Une femme de 39 ans qui lance une activité de conseil

Elle crée une activité de conseil, sans achat de matériel lourd. Son enjeu n'est pas la trésorerie de lancement, mais le temps que prend la construction d'une clientèle : les premiers mois de facturation restent incertains. Pour elle, le versement mensuel de l'ARE sécurise ce délai mieux qu'un capital versé en deux fois. Elle renonce à l'ARCE, non par prudence excessive, mais parce que son plan de charge des dix-huit premiers mois ne fait apparaître aucun gros besoin ponctuel à financer.

Les erreurs fréquentes

  • Choisir l'ARCE parce que « c'est plus d'argent d'un coup », sans avoir chiffré le besoin réel de trésorerie du démarrage.
  • Ignorer que le choix est définitif : une fois l'ARCE actée, il n'y a pas de retour vers le versement mensuel de l'ARE si l'activité tarde à décoller.
  • Ne pas préparer les justificatifs nécessaires au premier versement, ce qui retarde la trésorerie au moment où elle est le plus attendue.
  • Oublier que le second versement, à six mois, suppose que l'activité soit toujours active : ce n'est pas automatique.
  • Ne pas vérifier en parallèle l'éligibilité à l'ACRE, qui peut se cumuler avec l'ARCE et alléger les cotisations sociales de la première année.

Pour votre reconversion

Sources officielles et académiques

Officielles & réglementaires

Ressource offerte · PDF 57 pages

Le Calendrier de clarté — 8 semaines pour reprendre la main sur votre trajectoire

Carnet guidé semaine par semaine : nommer ce qui bloque, retrouver vos preuves, explorer les pistes, poser un plan d'action. Citations Goleman, Newport, Rosenberg, Annie Duke, Arendt.

Pour aller plus loin sur le site

À lire ensuite

Termes liés du lexique

← Retour au lexique complet (205 définitions)