Un conseiller en insertion m'a résumé le problème en une phrase, il y a quelques mois : « J'ai parfois plus de mal à écarter les mauvaises formations qu'à en trouver de bonnes. » Le catalogue France Travail a grossi vite, et avec lui, une part de formations qui cochent une case administrative sans jamais mener nulle part. Le 25 juin 2026, le conseil d'administration de France Travail a tranché : à partir du 1er septembre 2026, ces formations sortiront du catalogue.
En clair
Le conseil d'administration de France Travail a adopté le 25 juin 2026 une délibération (n°2026-31, publiée au Bulletin officiel n°2026-37 du 1er juillet 2026) qui fixe 6 critères obligatoires pour qu'une formation reste affichée et finançable sur France Travail. Objectif affiché : écarter les formations qui n'ont jamais eu de finalité professionnelle réelle. France Travail construit à cet effet une base de mots-clés avec les Carif-Oref et la Miviludes — la mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires — pour repérer les formations à examiner en priorité. La mesure entre en vigueur le 1er septembre 2026.
Pourquoi cette réforme maintenant
Le texte de la délibération est direct sur ses motifs : il s'agit de répondre à des « dérives » déjà observées parmi les formations listées sur la plateforme. Ce n'est pas un ajustement cosmétique. La base légale mobilisée (code du travail, articles L.5312-1, L.5312-2, L.5312-5, L.5312-6, R.5312-6 2° et 7°, R.5312-19) touche directement à la mission de service public de France Travail — qui ne peut pas indéfiniment financer des formations dont personne ne peut vérifier qu'elles mènent quelque part.
Le détail le plus révélateur, c'est l'implication de la Miviludes dans la construction de la base de mots-clés servant à repérer les formations à examiner. Ce n'est pas un hasard de vocabulaire administratif : une partie du problème que cette réforme cible, ce sont des structures qui utilisent la façade d'un « organisme de formation » pour recruter ou capter des personnes fragiles économiquement — un public de reconversion, justement, souvent en recherche de sens et parfois pressé. C'est exactement le terrain où j'alerte depuis longtemps sur le piège commercial des formations non certifiées.
Les 6 critères qui décident du maintien au catalogue
Une formation doit désormais démontrer, cumulativement :
- Une finalité professionnelle explicite — un objectif clairement identifié en matière d'emploi, de qualification ou d'activité professionnelle.
- Une contribution réelle au parcours de l'utilisateur — la formation s'inscrit de façon cohérente dans un plan de développement de compétences ou d'insertion.
- Un lien identifiable avec l'accès ou le retour à l'emploi — les compétences développées se rattachent concrètement à une activité ou un projet professionnel.
- Des compétences mesurables — les acquis doivent être descriptibles, observables et évaluables selon une méthode explicite.
- Une reconnaissance vérifiable — la formation doit se référer à un référentiel, une certification, une qualification ou une reconnaissance professionnelle identifiable.
- Une information transparente — objectifs, contenus, méthodes, prérequis et débouchés présentés sans ambiguïté.
Ces 6 critères recoupent presque terme à terme ce que je conseille déjà de vérifier soi-même avant de s'engager : une certification RNCP ou RS reconnue, un contenu décrit sans flou, des débouchés nommés plutôt que suggérés. La différence, c'est que France Travail va désormais le vérifier à l'échelle du catalogue entier, pas seulement au cas par cas.
Le mécanisme de contrôle combine trois sources : la base de mots-clés construite avec les Carif-Oref et la Miviludes, les signalements d'utilisateurs, et les alertes de partenaires. Une formation identifiée peut être maintenue, mise sous examen renforcé, ou retirée de l'affichage et du financement.
Le calendrier exact
| Étape | Date |
|---|---|
| Adoption par le conseil d'administration | 25 juin 2026 |
| Publication au Bulletin officiel (n°2026-37) | 1er juillet 2026 |
| Entrée en vigueur de la délibération | 1er septembre 2026 |
Six semaines séparent aujourd'hui de l'entrée en vigueur. C'est le temps utile pour vérifier, si vous êtes en train de choisir une formation ou d'engager un dossier de financement, qu'elle correspond déjà à ces critères — plutôt que de découvrir en septembre qu'elle a disparu du catalogue en cours de parcours.
Ce que ça change si vous êtes en reconversion
Concrètement, trois réflexes à adopter dès maintenant :
Vérifiez la certification avant d'engager un financement. Le guide complet reconnaître une formation sérieuse détaille comment croiser une formation avec le moteur officiel France compétences RNCP/RS en quelques minutes.
Ne vous fiez pas à la seule présence dans le catalogue France Travail aujourd'hui. Une formation actuellement affichée peut être retirée d'ici septembre si elle ne remplit pas les 6 critères — mieux vaut vérifier vous-même plutôt que de présumer qu'un simple listing vaut validation qualité.
Si un projet de reconversion se construit sur plusieurs mois, anticipez. Une formation dont le dossier de financement s'étale jusqu'à l'automne mérite d'être revérifiée à l'approche du 1er septembre. Pour sécuriser l'ensemble du montage — financement compris — la page financer sa reconversion reste le point de départ le plus sûr.
Ce que ça change pour les CIP et conseillers
Pour qui accompagne au quotidien — conseiller en insertion professionnelle ou professionnel de l'orientation — cette réforme donne un point d'appui institutionnel à un travail de tri qui reposait jusqu'ici largement sur l'expérience individuelle de chacun. Les 6 critères peuvent désormais servir de grille de lecture explicite face à un usager hésitant entre plusieurs formations, ou face à un organisme qui insiste sans jamais préciser ses débouchés réels. C'est exactement ce travail de vérification qu'on retrouve, jour après jour, dans une journée type de conseiller en insertion.
FAQ
Qu'est-ce qui change concrètement le 1er septembre 2026 ?
Les formations affichées et financées par France Travail doivent désormais remplir cumulativement 6 critères (finalité professionnelle, contribution au parcours, lien emploi, compétences mesurables, reconnaissance vérifiable, information transparente). Celles qui ne les remplissent pas peuvent être retirées du catalogue et perdre leur financement.
Pourquoi la Miviludes est-elle associée à cette réforme ?
France Travail construit, avec les Carif-Oref et la Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), une base de mots-clés permettant de repérer les formations nécessitant un examen approfondi. Cette association signale que la réforme vise notamment des structures qui se présentent comme organismes de formation sans finalité professionnelle réelle.
Ma formation actuelle risque-t-elle d'être retirée ?
Impossible de l'affirmer sans l'examiner formation par formation. Le réflexe le plus sûr reste de vérifier vous-même dès maintenant sa présence au moteur RNCP/RS de France compétences : une formation certifiante répond déjà, de fait, à l'essentiel des 6 critères.
Où trouver le texte officiel complet ?
La délibération n°2026-31 du 25 juin 2026 est publiée au Bulletin officiel de France Travail n°2026-37 du 1er juillet 2026.
Pour aller plus loin
- Reconnaître une formation sérieuse (RNCP, RS, CQP)
- France Travail 2026 : ce qui change
- Financer sa reconversion
- Devenir conseiller en insertion professionnelle
- Tous les métiers de reconversion
Vous hésitez entre plusieurs formations ? 30 minutes pour clarifier laquelle sert vraiment votre projet. Ou bilan Clarté Reconversion, gratuit.
Sources officielles : Délibération n°2026-31 du 25 juin 2026 — Bulletin officiel France Travail n°2026-37, Cap Métiers — synthèse du nouveau processus de sélection, France compétences — moteur RNCP/RS. Pages consultées le 18 juillet 2026.