Les parcours engagés à compter du 1er septembre 2026 vers le titre professionnel de technicien supérieur systèmes et réseaux (TSSR) préparent le titre enregistré sous la fiche RNCP42463, de niveau 5, dont le ministère du Travail est le certificateur. Son référentiel d'évaluation, mis à jour le 22 juin 2026, dit épreuve par épreuve ce que le jury regarde. L'examen dure sept heures. Le jury n'y est présent qu'une heure quarante-cinq. Et trois compétences du métier n'y passent jamais sur une machine.
Le titre TSSR se passe en une session de 7 h : mise en situation, questionnaire sans internet avec de l'anglais, entretien technique, entretien final. Le jury décide aussi au vu du dossier professionnel et des évaluations passées en formation. Pour qui passe le titre complet en une seule session, la sécurité des accès, la reprise et la supervision ne se jugent qu'à l'écrit et à l'oral. Se préparer, c'est donc préparer l'oral autant que les manipulations.
Sept heures, quatre temps d'évaluation : ce que l'examen demande
Le titre se passe en une session après une formation (la « session titre »), ou bloc par bloc. Pour le titre complet, l'épreuve compte quatre modalités.
| Modalité | Durée | Ce qui s'y passe | Devant qui |
|---|---|---|---|
| Mise en situation professionnelle | 4 h 45 | 3 h 30 de manipulations sur machines virtuelles, tracées par captures d'écran ; 15 min de préparation sans les machines, puis 30 min de présentation et de questions ; 30 min sur un incident réseau | Surveillant, puis jury (qui joue le client ou le responsable pendant l'incident) |
| Questionnaire professionnel | 1 h 30 | Questions ouvertes, sans accès internet, dont au moins une en anglais | Surveillant |
| Entretien technique | 30 min | Questions construites à partir de vos réponses au questionnaire | Jury |
| Entretien final | 15 min | Le dossier professionnel, la vision globale du métier, sa culture professionnelle | Jury |
Source : France compétences, fiche RNCP42463 et référentiel d'évaluation TP-01351 joint à la fiche [consultés le 2026-10-10]. Présence du jury : 1 h 45 au total sur les 7 h.
Le jury est composé de professionnels du métier. Les manipulations se font avec un accès contrôlé à internet ; la préparation et le questionnaire, sans aucun. Téléphones interdits à chaque phase.
Surtout, le jury ne décide pas sur ces sept heures seulement. Pour un candidat issu de formation, il tient compte de l'épreuve, du dossier professionnel, des évaluations passées en cours de formation et d'un entretien.
Les critères sont écrits noir sur blanc. Les résultats proposés par l'IA sont « vérifiés, validés et le cas échéant corrigés ». Les prompts sont « contextualisés ». Le diagnostic suit « une démarche structurée selon les couches réseau ». On n'évalue pas seulement l'usage de l'IA, mais le contrôle que vous exercez sur elle, dans la ligne de ce que le nouveau référentiel a fait entrer dans le titre.
Trois compétences jugées sans machine
La mise en situation du titre évalue sept compétences sur dix. Les trois autres ne sont jugées que par le questionnaire et l'entretien technique. Par blocs séparés, c'est-à-dire par certificats de compétences professionnelles (CCP1 support aux utilisateurs, CCP2 exploitation de l'infrastructure, CCP3 maintien en conditions opérationnelles), deux d'entre elles reviennent sur machine.
| Compétence | En session titre (7 h) | Par CCP séparés |
|---|---|---|
| Gérer les accès et la sécurité dans un environnement hybride | Questionnaire et entretien technique | Sur machine (CCP2) |
| Assurer la continuité et la reprise de l'infrastructure | Questionnaire et entretien technique | Sur machine (CCP3) |
| Mettre à jour et superviser les éléments de l'infrastructure | Questionnaire et entretien technique | Questionnaire et entretien technique |
| Optimiser des scripts à l'aide de l'IA | Mise en situation seulement | Sur machine (CCP3) |
Passés séparément, les trois CCP demandent 3 h 15, 3 h 30 et 3 h 00, soit 9 h 45 : une somme que je calcule, la fiche ne l'écrit pas. Le jury y est présent 1 h 30, 1 h 30 et 1 h 00.
Sources : référentiel d'évaluation TP-01351, tableau 3.1 et présence du jury par CCP ; fiche France compétences RNCP42463 pour le contenu et la durée des épreuves par CCP [consultés le 2026-10-10].
Ce que cela change selon votre parcours
Vous préparez le titre complet en formation. Vos sept heures ne sont pas tout : les évaluations passées pendant la formation et votre dossier professionnel pèsent dans la décision.
Vous visez les blocs un par un. Près de dix heures d'épreuves au lieu de sept, mais la sécurité des accès et la reprise se prouvent les mains sur le clavier. Le jury décide au vu du livret de certification et d'un entretien en fin de session du dernier bloc.
Vous venez d'un autre métier. L'entretien final porte sur la compréhension du métier et sa culture professionnelle. Savoir configurer ne suffit pas : il faut connaître le métier au quotidien et savoir en parler.
Ce que je propose : préparer l'oral autant que les labs
Je propose que chaque préparation au titre, au-delà des labs (ces travaux pratiques sur machines virtuelles), répète au moins une fois la mise en situation complète, minutée : manipuler en traçant tout, bâtir sa présentation en 15 minutes sans les machines, la tenir 30 minutes, puis traiter un incident réseau face à un faux client. Présenter son travail à partir de ses captures ne s'improvise pas.
Côté candidat, quatre habitudes à prendre pendant la formation :
- Tracer. Une capture à chaque étape qui compte, y compris quand vous vérifiez une réponse de l'IA.
- Répondre sans chercher. Entraînez-vous à écrire une réponse technique de mémoire.
- Lire en anglais. Une documentation technique régulièrement, pour que les questions en anglais de l'examen (il y en a au moins une) ne soient pas les premières que vous lisez.
- Écrire. Le dossier professionnel se rédige au fil de l'eau, pas la dernière semaine.
Préparez aussi, à l'écrit comme à l'oral, les compétences jugées sans machine : le moindre privilège, les tests de restauration, la mise à jour et la supervision de l'infrastructure. L'entretien technique part de vos réponses au questionnaire : une réponse fragile peut y être reprise.
Ce que je dénonce : la reprise jugée sans être manipulée
Je ne vise aucun organisme, mais une architecture d'examen. Un critère du référentiel l'écrit : « Les tests de restauration sont effectués ». Pourtant, en session titre, la mise en situation n'évalue ni la restauration, ni la supervision, ni les mises à jour : aucun candidat n'a à les prouver sur machine pendant les sept heures ; elles ne sont jugées que par le questionnaire et l'entretien technique. Ce sont des gestes centraux du métier, et leurs ratés se paient cher.
La sécurité des accès est dans le même cas, alors qu'elle est au cœur de la cybersécurité, ce métier que l'IA rend vital. À l'inverse, optimiser des scripts à l'aide de l'IA n'est jugé que sur machine, jamais au questionnaire ni à l'entretien technique.
Un contrepoids existe ailleurs : le jury décide aussi au vu des évaluations passées en formation. C'est donc là que restauration et supervision doivent être réellement manipulées et notées. C'est une responsabilité pour chaque centre de formation, celui que je dirige compris : demandez à chacun comment il l'assume, et comparez les réponses.
Trois compétences transversales, sans épreuve dédiée
Le référentiel en évalue trois : communiquer ; mettre en œuvre une démarche de résolution de problème ; apprendre en continu. Aucune n'a son épreuve : elles sont jugées à travers les compétences professionnelles. À la lecture du référentiel, c'est dans l'incident réseau qu'elles me semblent le plus exposées : il faut écouter le client, diagnostiquer couche par couche et expliquer sans jargon ce que vous faites.
Avant de choisir une formation TSSR
L'examen juge une manière de travailler : tracer, vérifier, expliquer. Un candidat solide sur les manipulations mais faible à l'écrit comme à l'oral s'expose, car, en session titre, le questionnaire et l'entretien technique portent seuls trois compétences entières.
Avant de vous engager :
- Lisez la fiche RNCP42463 et son référentiel d'évaluation, liés plus haut (voir aussi comment vérifier une formation inscrite au RNCP).
- Demandez à l'organisme comment il prépare les quatre temps de l'épreuve, et comment il évalue en formation la reprise, la supervision et la sécurité des accès.
- Choisissez entre titre complet et blocs, à partir du tableau plus haut ; la page devenir technicien supérieur systèmes et réseaux présente le métier, ses missions et ses prérequis.
- Si vous hésitez encore, comparez avec d'autres métiers.
À Poitiers, la session TSSR 11 de l'IFPA Poitiers, du 26 octobre 2026 au 12 mai 2027, en présentiel au Pôle République II, est la première du centre sous le RNCP42463. Sa page annonce « Passage du Titre Professionnel : 7 h en fin de parcours ». La période en entreprise y est un stage, pas une alternance. Le centre a détaillé ce que le nouveau référentiel change, et ne change pas, pour sa session d'octobre. Je dirige l'IFPA Poitiers, et je le dis : lire cet article ne vous engage pas à y suivre une formation. Si le titre vous tente, comparez au moins deux autres organismes ; pour un avis neutre, le conseil en évolution professionnelle est gratuit (mon-cep.org).
Si votre projet de reconversion n'est pas encore arrêté, le bilan gratuit vous dit où vous en êtes : sept questions, trois minutes, sans inscription pour commencer.
Un titre qui juge une manière de travailler
Un titre professionnel ne certifie pas seulement des gestes. Il certifie qu'une personne sait dire ce qu'elle a fait, pourquoi, et ce qu'elle a vérifié. Les labs vous apprennent à faire. L'oral vous apprend à le prouver.
On ne se prépare pas à un jury en espérant qu'il ne pose pas la question. On s'y prépare en ayant déjà la réponse.
Sources complémentaires : arrêté du 16 juin 2026 relatif au titre professionnel de technicien supérieur systèmes et réseaux (JO du 19/06/2026), base légale indiquée sur la fiche France compétences RNCP42463 ; ifpa86.fr, page de la formation TSSR et page « Formations » (mise à jour le 3 octobre 2026) [consultées le 2026-10-10].